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La parité : altruisme ou démagogie politique ?

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Le siècle des Lumières, en plus d’avoir lutté contre l’obscurantisme par l’émulsion intellectuelle, a pour mérite d’avoir fait sortir les femmes de l’ombre et d’éclairer leurs facultés professionnelles.

En effet, c’est à cette époque charnière que débuta notamment sous l’égide d’Olympe de Gouges, une lutte pour la reconnaissance du rôle des femmes dans les affaires politiques. Dans un contexte actuel où la place des femmes est largement mise en avant et parfois instrumentalisée à des fins stratégiques, où en sont nos citoyennes françaises dans l’exercice de la fonction publique ?


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La réforme APB, ou la tentative d’une éducation au mérite

Un « Projet de loi relatif à l’orientation et la réussite des étudiants » a été présenté par Madame Frédérique Vidal (Ministre de l’enseignement supérieur, recherche et innovation) le 22 novembre 2017 en conseil des ministres. Ce projet de réforme d’accès à la première année post-bac instaure un nouveau dispositif appelé « ParcourSup » en remplacement de la plate-forme APB.

La responsabilisation de l’élève dans son choix d’orientation

Le gouvernement débute son « grand chantier de l’éducation » par une réforme d’accès au supérieur qui permettrait aux élèves de mieux axer leurs choix d’orientation et de diminuer les échecs étudiants en première année. En effet, l’échec en L1 a considérablement augmenté (42,6 % en 2013 pour  60 % en 2016), tout en sachant que le coût annuel d’un étudiant pour l’Etat varie entre 10220 et 14850 euros.

Porté par ce double enjeu de réduction des dépenses et de production d’un savoir de qualité, le  gouvernement tente d’inciter les étudiants à faire des choix d’orientation en adéquation avec leurs capacités et leurs aspirations. Une fois ce travail de fond réalisé, l’étudiant pourra formuler dix vœux (et non plus vingt-quatre), non ordonnés, du 30 janvier au 31 mars. Il disposera ensuite de 10 jours pour choisir la formation qu’il désire effectuer parmi ses diverses affectations. Le grand changement réside dans le choix final désormais attribué à l’étudiant, qui évite ainsi les failles du tirage au sort et obtient une formation au mérite.

L’instauration de pré-requis à l’université : un changement historique

L’université est l’un des symboles d’attachement français à l’éducation démocratique et au libre accès des études supérieures. Or, cette loi entend bouleverser les codes en prévoyant la mise en place d’une liste d’ « attendus » propres à chaque licence, auxquels les lycéens devront répondre pour intégrer l’université. Pour rejoindre une licence de droit, il devient alors indispensable d’avoir des aptitudes à la logique et au raisonnement, quand la licence d’Histoire requière un intérêt pour la démarche scientifique et une aisance dans au moins une langue étrangère.

Ces éléments de « cadrage national » sont volontairement très vagues pour laisser à chaque université la possibilité de définir plus spécifiquement les critères que doivent remplir les étudiants pour intégrer leur enseigne. Cette liberté inquiète car elle donne l’opportunité aux universités de refuser l’accès à la licence à de nombres lycéens. De vives contestations se sont alors faites entendre, surtout par le biais de syndicats comme l’UNEF et sa présidente Lilâ Le Bas, qualifiant le projet de « dangereux car il remet en cause le libre accès à l’enseignement supérieur. ».

Les partisans de la sélection rétorquent cependant que cette loi n’est autre que le résultat d’un processus d’homogénéisation scolaire où le but est d’emmener tout le monde vers un bac général puis vers l’université, qui aujourd’hui, n’a plus les capacités d’accueil suffisantes. Ainsi, ces enseignes surchargées se plaignent d’un manque de moyens et de mauvaises conditions (par exemple des amphithéâtres surchargés) et pratiquent déjà une sélection déguisée (« bi-licence », « grands établissements » comme Dauphine, médecine..). De plus, la sélection motiverait selon eux les élèves et permettrait de stimuler le niveau de l’éducation nationale, tout en maîtrisant ses dépenses.

Une réussite par l’amélioration des conditions étudiantes

Le gouvernement met également en avant son rôle de garant de la mixité sociale et d’acteur dans le bien-être des étudiants. Il promet alors un investissement de 500 millions d’euros sur 5 ans pour augmenter la capacité des filières en tension et se réserve de plus le droit de fixer le pourcentage minimum de boursiers dans chaque formation.

Mais le grand volet de l’aspect social de cette réforme se concentre dans l’accès aux soins et le pouvoir d’achat des étudiants. Ces derniers seront désormais rattachés au régime général de sécurité sociale afin d’unifier la qualité d’accès à la santé. De même, la suppression de la cotisation sociale étudiante (217 euros) et la fusion de toutes les cotisations existantes en une cotisation unique (non payée par les boursiers), devrait alors représenter un gain global de pouvoir d’achat étudiant de 100 millions d’euros dès la rentrée 2018.

Une réelle volonté d’améliorer les conditions de vie étudiante et plus largement le système éducatif français instaure un climat général de réforme. Mais même si les français réclament aujourd’hui une rénovation de l’éducation nationale qu’ils jugent trop peu efficace et parfois discriminante, cette volonté initiale de créer une éducation performante et méritée risque cependant en pratique, creuser les écarts d’un système éducatif à deux vitesses.

Budget 2018 : Les premiers pas du grand pari de l’exécutif

Le mercredi 27 septembre, le premier projet de loi de finances (PLF) pour 2018 a été présenté devant les ministres afin de fixer le cap de l’année à venir. L’objectif est crucial car il rend compte des promesses de campagne et affiche aux yeux du grand public, une ligne de conduite en réponse aux hostilités naissantes de la rue.

Les grands gagnants de 2018

L’annonce du budget pour l’année 2018 a fait des heureux dans les quelques domaines où le gouvernement a choisi de concentrer ses contributions financières. Parmi eux, la défense voit généreusement son budget augmenter de 1,8 milliards d’euros, faible surprise tant Emmanuel Macron qualifiait de « priorité » la sécurité nationale lors de sa campagne.

De même, la promesse faite de miser sur le potentiel des jeunes générations est respectée par une hausse de 1,3 milliards d’euros du budget de l’éducation nationale. Cette somme servira notamment à la réalisation des tant attendues classes de 12 élèves en CP et CE1 dans les ZEP, mais aussi à la mise en place de « stages de réussite » pendant les vacances, et la proposition d’un temps d’étude accompagnée au collège. Le ministre de l’éducation nationale, Jean-Michel Blanquer, promet également le recrutement sur 5 ans de 22 500 accompagnateurs pour les élèves en situation de handicap.

L’écologie sera elle aussi au cœur du grand chantier de 2018 avec un budget passant de 9,9 milliards d’euros en 2017 à 10,4 milliards en 2018. Parmi les grandes mesures lancées figurent l’élaboration d’un « chèque d’énergie » pour aider les ménages modestes en situation de précarité énergétique, le développement des énergies durables et une transition vers les véhicules propres. D’autres domaines seront également mis en avant comme la Justice et ses services pénitenciers, la marche vers une égalité entre les femmes et les hommes, sous oublier la sphère sociale.

Or, les mesures les plus attendues par les citoyens sont sûrement celles qui les touchent de manière directe. Ce budget prévoit alors la baisse simultanée de 10,3 milliards d’euro de prélèvements obligatoires sur les entreprises et sur les ménages. Pour les entreprises, le budget projette une exonération de 4 milliards sur le CICE et une baisse de 1,2 milliards de l’impôt sur les sociétés. Du côté des ménages, le gouvernement prévoit une transformation de l’ISF qui équivaudrait à une baisse de 3,2 milliards. Une exonération sur les taxes d’habitation de 3 milliards et l’organisation d’un prélèvement forfaitaire unique constituant une baisse de 1,2 milliards.

Des coupes budgétaires conséquentes et ciblées

Toutes ces mesures font parallèlement quelques mécontents qui devront supporter tant bien que mal des coupes budgétaires d’un total de 15 milliards d’euros. La sécurité sociale verra entre autre son budget réduit de 5 milliards d’euros, les collectivités territoriales de 3 milliards et l’État de 7 milliards.

Aussi, la baisse des emplois aidés, transférés vers une augmentation des formations, permettra une économie de 1,5 milliards d’euros à l’État mais ne devrait pas améliorer l’actuelle situation du chômage. Des économies sont également prévues sur les aides aux logements (à savoir les APL et les HLM) avec une promesse de restructuration de l’offre sur l’habitat. Enfin, le sport et les transports sont eux les « grands oubliés » du budget 2018, se voyant attribuer une faible part du-dit budget, réduisant donc leurs possibles marges d’action.

Le gouvernement a en effet décidé de faire des choix tranchés et assumés qui permettront selon lui de réelles économies plutôt que répartir des coupes minimes sur différents secteurs. Bercy a par ailleurs annoncé sans donner plus de précisions que d’autres restrictions se dessineront pendant le quinquennat.

Qu’en est-il de l’État français ?

Au grand plaisir de l’Union européenne , une baisse du déficit public de 2,6 % du PIB est prévue d’ici un an. La promesse d’Emmanuel Macron envers l’Europe de ramener le déficit public dans la limite autorisée sera donc lancée plus vite que prévue.  

Pour ce qui est de la dépense publique qui devait rester stable, elle augmentera de 0,5 % (hors inflation) pour cause d’une « sous-budgétisation » de 5 milliards dans certains domaines selon Bercy.

Les recettes de l’État devront s’élever à 302 milliards d’euros (en majeure partie grâce aux taxes sur la consommation de produit énergétiques, sur la valeur ajoutée ainsi que l’impôt sur le revenu et sur les sociétés) et ses dépenses à 386,3 milliards, soit un déficit de 84,3 milliards.

Le gouvernement a conjecturé une stabilisation progressive des finances publiques dans la trajectoire quinquennale. La dette publique devrait en effet passer de 96,8 % du PIB à 91,4 % d’ici 2022 et les dépenses publiques devrait être ramenées à 50,9 % du PIB. Le grand défi du gouvernement sera donc d’opérer aux profondes modifications que sa tête pensante a promis lors de la campagne, tout en stabilisant les dépenses étatiques.

Même si les français ne s’attendent pas à un miracle dès la première année du mandat de Macron, ce budget témoigne de la ligne de conduite adoptée par le gouvernement et expose de manière ostensible ses priorités. C’est au terme de ce quinquennat que nous verrons si le défi que s’est lancé l’actuel Président de la République aura réussi à convaincre les français et servir comme il se doit leurs intérêts. Succès ou revers, ce qui est certain à l’heure actuelle, c’est que de grandes réformes sont « en marche ».

“A nous les jeux”, ou Paris 2024

Le 13 septembre 2017, à Lima (Pérou), la ville de Paris s’est vu désignée par le CIO (Comité International Olympique) comme organisateur des Jeux Olympiques d’été de 2024.

Les Jeux Antiques, réinventés en Jeux Olympiques à Athènes en 1896, sont une tradition et un honneur pour les villes hôtes comme le sera Paris, qui à compter de cette annonce dispose de 7 ans pour s’atteler à l’organisation de cet événement d’envergure…

 

Un processus soigneusement réfléchi

Les 33e JO de l’histoire se dérouleront du 2 au 18 août 2024 (à l’exception du football qui débutera le 31 juillet 2024). La machine étant lancée, un calendrier strict s’érige pour l’ensemble des préparatifs ; à savoir l’élaboration du drapeau olympique (fin 2020), le choix des mascottes (2021), le recrutement des volontaires (2022) ou encore la mise en vente des billets, prévue pour 2023.

Sur les 36 sites annoncés, 26 existent déjà, 8 seront temporaires et 2 seront construits.

Le coût total des préparatifs s’élève à 6,6 milliards d’euros : 500 000 millions seront financés par la dépense publique et 1 milliard viendra directement des caisses de l’État.

Au programme, les 28 disciplines proposées à Rio auxquelles s’ajouteront probablement de nouveaux sports comme le billard et la pétanque, les comités nationaux de ces disciplines ayant déjà déposés leurs candidatures.
L’ensemble des Jeux se dérouleront à Paris-même, à l’exception des sports nautiques prévus à Marseille. Quand-à lui, le football sera réparti dans 9 stades : Bordeaux, Lille, Nice, Toulouse, Nantes, Marseille, Lyon, Saint-Etienne et le Parc des Princes (pour les « grands matchs »).

 

Un enthousiasme général…

L’annonce de l’attribution de l’organisation des Jeux Olympiques pour Paris a été reçue comme une victoire collective et très grandement célébrée. Après les campagnes publicitaires rythmées par des slogans tels que « Gagnons Ensemble », « Venez Partager » ou encore « La force d’un rêve », nous pouvons désormais admirer dans les métros, les rues, sur l’Arc de triomphe, la tour Eiffel ou encore dans les yeux d’Anne Hidalgo, maire de Paris, la fierté d’accueillir cet événement mondial.

Il convient de rappeler qu’il y a près de 100 ans (100 ans pile en 2024), la France organisait déjà les Jeux Olympiques d’été (1924) grâce au militantisme de Pierre de Coubertin (qui avait également organisé les Jeux de 1900), ce qui ajoute un caractère commémoratif à l’événement. A l’occasion des Jeux du siècle dernier, Coubertin introduit le célèbre « Citius, Altius, Fortius » (« Plus vite, plus haut, plus fort ») et en fit la devise olympique. De même, il initia le rituel de la levée des trois drapeaux lors de la cérémonie de clôture.

Aujourd’hui, Paris est bien décidée à faire de ces Jeux un événement collectif de grande ampleur, afin d’accroître son attractivité estivale et son rayonnement culturel. Pour ce, les organisateurs ont déjà annoncé que la moitié des billets seront vendus à moins de 50 euros et que certains pourront descendre jusqu’à 15 euros. Une annonce satisfaisant les divers acteurs, aussi bien les fans de sports, que les organisateurs évitant la malédiction des salles combles.

 

… pas si général que ça

Malgré la volonté d’afficher une satisfaction générale, certains échos commencent à se faire entendre. Le journal du dimanche a publié un sondage montrant que « 83 % des français soutiennent les Jeux ». Or, Il s’avère que le commanditaire dudit sondage n’est autre que MTKG, contribuable de Paris 2024, remettant en doute son objectivité.

Paris 2024 est tout d’abord remis en cause pour des raisons pécuniaires. Alexandre Delaigue, professeur d’économie à Lille I, a notamment démontré le surcoût systématique des villes hôtes. Pour cause, le délai strict imposé aux organisateurs les forçant à boucler leur projet en un temps record, doublé de la forte médiatisation mettant en jeu la réputation de la ville organisatrice. Plus courant encore, le CIO a pour coutume de faire jouer la concurrence entre les villes candidates afin d’obtenir une flambée des prix, comme ce fut le cas à Athènes en 2004.

Autres mécontents de l’attribution des jeux : les riverains et les écologistes soucieux du sacrifice de plusieurs hectares de terrains au profit de stades en béton. De même, certains parisiens se disent nuancés, heureux certes, de voir la capitale en pleine mouvance sportive, mais craintifs quant à la dégradation de la circulation et l’augmentation de la pollution, déjà largement décriées à Paris en période creuse.

Des manifestations ont déjà été organisées, notamment le mercredi 13 septembre (soir du verdict). Une cinquantaine de manifestant s’étaient réunis à Paris autour du collectif citoyen « Non aux JO 2024 », pour souligner le manque de démocratie dans cette candidature déclenchée sans l’aval d’une majorité populaire. Un mouvement dont-on entendra encore sûrement parler…

 

Mais si un fragment de la population se dit opposé à Paris 2024, nombreux sont les français impatients de vivre au rythme de cet événement sportif à caractère exceptionnel.

Quoi qu’on en dise, Paris entrera dans l’histoire aux cotés de Londres et Los Angeles, faisant désormais partie des trois seules villes à avoir accueilli trois JO. La flamme olympique brillera donc en 2024 au cœur de la ville lumière.

 

[TRIBUNE] Une femme de plus parmi les « grands Hommes »

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Le 30 juin 2017, Simone Veil, symbole de la libération du corps de la femme, s’est éteinte à Paris. En réaction, un mouvement national a aussitôt fait émerger les échos d’une panthéonisation pour l’ancienne ministre française. Pour preuve, un ensemble de trois pétitions réunit encore à ce jour plus de 350 000 signatures.

Le Panthéon (du grec « de tous les dieux ») qui, à l’origine, abritait le reliquaire de sainte Geneviève, est dédié à la mémoire des Grands Hommes français depuis 1791 (Mirabeau étant le premier à y entrer) ; d’où l’inscription qui en orne le parvis : « Aux grands Hommes la patrie reconnaissante ». Parmi les 76 figures emblématiques inhumées en ce lieu reposent notamment Voltaire, Rousseau, Hugo, Jaurès ainsi que quatre femmes d’envergure : Marie Curie, Sophie Berthelot, Germaine Tillion et Geneviève De Gaulle-Antonioz.

Simone Veil, une femme d’exception

 Après avoir survécu à la Shoah, Simone Veil commence une carrière politique. Elle devient ministre de la santé en 1974 sous Valéry Giscard d’Estaing. La même année, elle modifie profondément la structure sociale française et notamment son schéma familial en dépénalisant l’interruption volontaire de grossesse pour les femmes.

Cette militante pro-européenne devient par la suite ministre d’Etat, ministre des Affaires sociales, de la Santé et de la Ville sous Jacques Chirac.

Au cours des années 2000 elle reste très active sur la scène publique avec la création de la Fondation pour la mémoire de la Shoah ou encore la publication de son autobiographie « Une vie » qui lui valu sa place à l’Académie Française.

Simone Veil a donc marqué d’une empreinte indélébile le XXe siècle de par ses idéaux et ses combats humanistes.

Quelques heurts à cet honneur de taille

 L’ensemble des français reconnaît aujourd’hui Simone Veil comme une figure marquante des droits de l’Homme, à l’exception des militants anti-IVG et des militants antisémites.

Cette « haute marque de la reconnaissance de la Patrie » est donc considérée comme unanime compte tenu des arguments idéologiques anticonstitutionnels de ses détracteurs, de fait non recevables.

Le premier obstacle de taille qui aurait alors pu empêcher sa panthéonisation, n’est autre que sa famille. Les petites-filles de Madame Veil ont exprimées sur Europe 1 leur volonté de réunir dans le cimetière de Montparnasse leur deux grand-parents. Selon elles, ce couple fusionnel aurait, après 65 ans de vie conjugale, souhaité être ensemble à leur mort. Cependant même si elles assuraient que « ce n’était pas à l’ordre du jour », une plaque commémorative au Panthéon (à l’image de celle d’Aimé Césaire, toujours enterré en Martinique) était selon elles, une alternative possible.

De l’hommage national au Panthéon

La décision finale de faire entrer ou non, Simone Veil au Panthéon est donc revenue au Président de la République, Emmanuel Macron. Ce dernier s’est alors exprimé à ce sujet lors de l’hommage officiel le 5 juillet en la mémoire de Madame Veil aux Invalides, où il dit d’un ton solennel: « Vous avez, Madame, prodigué à cette nation des dons qui l’on faite meilleure, et plus belle. Vous avez jeté dans nos vies, cette lumière qui était en vous et que rien ni personne n’a jamais pu vous ôter », avant d’annoncer qu’elle et son époux reposeront tous deux au Panthéon. Son fils, Pierre-François Veil, a alors ajouté plein d’émotion« Cet hommage est ton ultime victoire sur les camps de la mort ».

Au-delà du verdict, le peuple français a montré depuis une semaine une grande reconnaissance et une intense admiration pour cette femme qui a toujours cru en la bonté humaine. Panthéon ou non, les préceptes de Simone Veil resteront ancrés dans les valeurs françaises car comme l’ont si bien dit ses fils, avec une telle détermination et force d’esprit, nous avons nous aussi, « fini par la croire immortelle ».