Archive dans février 2018

Baccalauréat 2021 : une révolution ?

C’était une des promesses de campagne du candidat Emmanuel Macron. Le baccalauréat, très vieil examen qui n’ayant cessé d’évoluer au fil des années, va encore changer.


Un nouveau cap

Plusieurs séries sont proposées pour les lycéens dans leur orientation. L’entrée en classe de première est marquée par la spécialisation dans une série, proposant des enseignements de tronc commun et de spécialité. Il existe un baccalauréat général (trois séries), un baccalauréat technologique (7 séries) et un baccalauréat professionnel (plus de 90 spécialités).

Les années de lycées sont sanctionnées par des épreuves en classe de première (français voire sciences) et des épreuves en classe de terminale. Les épreuves finales sont aujourd’hui en France beaucoup plus nombreuses que dans les autres pays, ce qui alourdi l’examen actuel. La concentration, d’ailleurs, d’un grand nombre d’épreuve (environ quinze) en un laps de temps très court (une semaine environ) n’est en réalité qu’une période intense d’anxiété pour les lycéens et cela n’apporte pas grand chose.

Dans le but de réformer cette institution nationale, Emmanuel Macron a décidé d’inscrire dans son programme une grande réforme, visant à proposer une nouvelle organisation du temps scolaire pour les élèves et leur proposer également plus de choix. On a pu entendre que le candidat voulait instaurer un baccalauréat “à la carte”. En réalité, la volonté de l’élève est importante car elle permet de l’aider à effectuer des choix pour l’orientation post-baccalauréat et de préparer au mieux l’arrivée dans l’enseignement supérieur. En effet, le taux de réussite pour la première année de licence est très bas et cette revalorisation du baccalauréat devrait permettre de devenir un véritable tremplin pour l’avenir.

Élu président de la République, Emmanuel Macron, sur proposition du Premier Ministre Édouard Philippe, nomma Jean-Michel Blanquer, ancien directeur de l’ESSEC, ministre de l’Éducation Nationale. C’est d’ailleurs dans son discours de politique générale que le Premier ministre a précisé que la première session de ce nouveau baccalauréat interviendrait dès 2021.

Dans le but d’apporter une solution nouvelle et concertée, le ministre confia au Pierre Mathiot, professeur des universités, le soin d’effectuer un rapport sur le baccalauréat de demain. Un rapport d’une soixantaine de pages a été rendu le 24 janvier 2018.

Un changement concerté

La question de la consultation est devenue importante, dans le but de récolter des témoignages, des avis, des idées. Pierre Mathiot a donc, durant ces mois de travail, entendu la voix des représentants et des institutions qui sont concernés par cette nouvelle réforme.

Il a également été à la rencontre des premiers concernés, les lycéens, à travers des réunions d’information, des ateliers et surtout, par le biais d’une consultation en ligne, ouverte à tous. 40 000 lycéens ont répondu à cette enquête et se sont donc exprimés quant à leurs souhaits pour leur futur.

Des discussions sont également survenues à l’international, afin d’obtenir un point de vue externe sur la situation de la France.

Un bouleversement sur l’orientation

La réforme du baccalauréat prévoit également une nouvelle organisation concernant les enseignements, avec la fin des séries en voie générale. Trois enseignements seront offerts par le lycée.

Le premier, tout d’abord, est un socle de culture commune. Dans ce dernier, on retrouve des matières telles que le français, l’histoire-géographie, les langues vivantes et également une nouvelle matière, dont l’intitulé est mystérieux : humanités scientifiques et numériques.

Ensuite vient les disciplines de spécialité que l’élève devra choisir. Le choix est très varié et c’est l’élève et uniquement l’élève qui sera maître de ses choix. En première, il devra en sélectionner trois et son choix devra s’affiner pour n’en prendre que deux parties les épreuves suivies auparavant. Des enseignements facultatifs pourront permettre à l’élève de compléter son parcours et son dossier scolaire, à son bon vouloir.

Enfin, l’orientation reste un pilier pour le lycée. Un temps d’aide sera prévu pour préparer le futur des élèves ainsi que leur entrée dans l’enseignement supérieur.

Une nouvelle méthode

Le nouveau baccalauréat reposera  sur deux axes : d’une part sur un contrôle continu et pour une autre part sur des épreuves terminales.

Si on s’intéresse au contrôle continu, il comptera pour 40% de la note finale. Le but est de sanctionner le travail tout au long de l’année fourni par les élèves. Il reposera sur les épreuves communes de la classe de première et de terminale (renommée classe de maturité). Ce sont les établissements qui seront en charge de l’organisation des épreuves communes. Une critique selon laquelle le contrôle continu n’est pas égalitaire est balayée car une banque nationale de sujets sera mise en place et mise à disposition des établissements. Les copies seront anonymes et ne seront pas corrigées par les professeurs que les élèves ont. À la fin de la notation, une harmonisation des notes sera effectuée, pour d’éventuels ajustements.

Concernant les bulletins scolaires, ils seront pris en compte pour la régularité du travail fournit. Cependant, il n’est pris en compte que pour 10% de la note finale.

Si on s’intéresse maintenant au plus important, les épreuves finales, elles vont représenter 60% de la note finale. L’épreuve de français en fin de première n’est pas modifiée. Pour la classe de terminale, un élève devra se présenter pour quatre épreuves finales.

L’élève aura deux épreuves écrites. Elles porteront sur les disciplines de spécialités que l’élève aura choisies en classe de terminale. Les épreuves seront passées au retour des vacances de printemps.

À la fin du mois de juin, comme à l’heure actuelle, il y aura deux autres épreuves. La première est la fameuse épreuve de philosophie, par tradition française et pour laisser le temps aux professeurs de terminer les programmes et d’inculquer un esprit critique aux élèves. Puis, un oral d’environ vingt minutes, préparé en classe de première et terminale sera présenté devant un jury composé de trois personnes. L’élève devra présenter un projet qui sera en lien avec une ou deux disciplines de spécialité que l’élève aura choisi.

L’accueil de la réforme

Cette nouvelle forme du baccalauréat a fait beaucoup de bruit car, en effet, on touche concrètement à une institution nationale très vieille et traditionnelle. Pour illustrer cette partie, petite sélection de tweets avec #Bac2021.

Cette réforme fait des heureux et des malheureux. Comme à chaque fois, il y a des personnes qui sont en faveur et d’autres contre la réforme. La démocratie permet l’expression d’avis différents et le gouvernement est prêt à entendre les avis des personnes et institutions concernées dans la mise en place de ce nouveau baccalauréat.

Entre les professeurs, quelques questions se posent et il conviendra, dans le futur, d’apporter des solutions à ces problématiques.

Mais le baccalauréat n’est pas mort, il change.

Allemagne : le très contesté accord de gouvernement

gouvernement

Angela Merkel a-t-elle enfin réussi ? Depuis les élections législatives du 24 septembre 2017, qui n’avait donné aucune majorité concrète aux principaux partis allemands, la chancelière n’arrivait pas à obtenir un accord de coalition en vue de former un nouveau gouvernement, condition indispensable pour éviter de nouvelles élections. Merkel semble y être arrivé mercredi 7 février avec le contrat de gouvernement regroupant le CDU-CSU son parti et le SPD. Cependant cet accord ne fait pas l’unanimité au sein du CDU-CSU et SPD. Retour sur le contenu de cet accord et sur les raisons de ce vent de contestation à l’intérieur des partis concernés.

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L’armée du futur : entre réitération du présent et cristallisation d’un idéal

armée

Harper, lieutenant des Navy Seals, contourne le bâtiment en se faufilant parmi les ombres. Une pression sur l’écran tactile accroché à son poignet déclenche une bombe électromagnétique qui désactive tous les systèmes de camouflages de l’ennemi. Les soldats commencent à apparaître les uns après les autres. En appuyant sur un autre bouton, Harper appelle une myriade de drones téléguidés qui neutralisent toutes les forces ennemies. Grâce au GPS qui affiche son chemin sur l’écran de son casque, il se dirige sans problème dans la maison et, après avoir détruit une porte blindée grâce à son exosquelette, il retrouve enfin l’otage qui était enfermé là depuis 3 jours déjà. Seul, il a réussi ce que 25 hommes n’auraient pas pu faire encore aujourd’hui. Cette séquence pourrait être tirée d’un film d’action futuriste ou encore de jeux vidéo tels que Call of Duty. Pourtant, d’ici quelques années, elles seront monnaies courante. En effet, les avancées technologiques des quelques années vont bientôt révolutionner l’armée telle qu’on la connaît aujourd’hui. Les Décryptages tente aujourd’hui de vous montrer à quoi ressembleront les soldats et les armées du futur.


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Monnaies virtuelles: ruée vers le Bitcoin

C’est une véritable déferlante qu’a connu le marché des cryptomonnaies… Ce début Février, le bitcoin a perdu 70% de sa valeur par rapport au niveau historiquement le plus haut de la mi décembre 2017.  Un évènement qui inquiète, puisque de plus en plus d’utilisateurs lui font confiance, pour la plupart avec une certaine naïveté. Le Bitcoin, est en vogue mais subit une très grande instabilité. D’où vient ce phénomène mondial ? Comment l’expliquer ? Mais aussi, comment envisager l’avenir d’une monnaie virtuelle qui demeure encore fragile ?  


 

C’est en Asie en 1995 que la première crypto monnaie fait son apparition, on parle alors de B-Money: le tout premier système de monnaie décentralisée et anonyme. Basée sur des méthodes complexes et laborieuses, elle cède la place au bitgold 10 ans plus tard, de l’anglais “or digitalisé”, conçu par Nick Szabo, un informaticien américain. Le principe est un peu plus clair; les clients ont la possibilité de déposer leur argent sur des comptes BitGold, afin de cumuler des fonds et de les utiliser pour rembourser leur prêt immobilier ou leur voiture – ou tout simplement de se payer un café. En réalité le BitGold n’a jamais réellement séduit, la confiance n’étant pas au rendez-vous.

Pourtant, en 2008 (pendant la crise des Lehman Brothers, ce qui n’est peut-être pas anodin) le phénomène Bitcoin fait son apparition. Un certain Satoshi Nakamoto en est le concepteur. Ce qui fait la différence, c’est la technologie “Blockchain”: elle consiste en une base de données infalsifiable qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre les utilisateurs de la cryptomonnaie depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée – autrement dit – elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, permettant à chacun de vérifier la validité de la chaîne et des transactions (une convention d’échange entre un vendeur et un acheteur se concluant par le versement d’une somme d’argent).

Un phénomène mondial

Le Bitcoin s’est démocratisé de manière folle en l’espace de 10 ans. La confiance étant le déterminant principal à cet effet. D’abord quelques chiffres: en 2017 on relevait 16,6 millions de Bitcoin en circulation, 50 millions d’investisseurs dans le Bitcoin (et autres cryptomonnaies), son cours oscillait autour des 15 000$ soit environs 12 000€. Aujourd’hui les cours oscillent entre 9 000 et 7 000€ (sur une période 28 janvier – 2 février 2018). Bien que récemment, les cours se soient effondrées…

Au premier abord,  le Bitcoin paraît relativement simple d’utilisation. De fait, la crypto devise est d’avantage attrayante. L’utilisateur peut créer un compte simplement sur un téléphone, un ordinateur ou une tablette. Avec ce compte, il crée une adresse bitcoin, grâce à laquelle il peut placer une certaine somme; avec celle-ci il peut marchander ou acheter librement, comme avec un compte en banque classique. Dans le monde, près de 100.000 sites internet l’acceptent, parmis eux quelques géants Américains : là-bas, il est possible de payer en bitcoins chez le voyagiste Expedia, le constructeur informatique Dell ou encore sur la plateforme de e-commerce Overstock par exemple. En France, son utilisation est beaucoup plus timide.

Seule la plateforme “showroomprive.com” – concurrent de vente-privees.com – accepte les paiements en Bitcoin, même si d’après le grand groupe, elles ne sont pas significatives. Par ailleurs Microsoft est l’unique entreprise présente sur tous les continents à accepter les paiements en bitcoins depuis 2014. Depuis 2016, le service de paiement en ligne PayPal propose pour sa part d’approvisionner son compte avec des bitcoins. Pour cela PayPal permet uniquement d’encaisser dans une monnaie plus commune la valeur des bitcoins vendus sur les plateformes de trading comme  Coinbase, BitPlay et GoCoin.

Doit-on réellement faire confiance au Bitcoin ?

Tentons de trancher avec deux poids, deux mesures.

Phénomène inquiétant: les plateformes de “minage” (action de validation des transactions de la part d’individus appelés “mineurs” dans le réseau bitcoin) ont déjà été piratées a plusieurs reprises. Ainsi début décembre 2017, 80 millions de dollars ont été dérobés. S’ajoute à cela une véritable instabilité des cours pouvant varier de 10% en l’espace de 24h, ce qui évidemment ne profite pas à un consommateur ou un entrepreneur. Un pâtissier pourrait se retrouver avec un chiffre d’affaires amputé de 15% en fin de journée uniquement parce que le cours a fluctué de manière significative… C’est surtout une énorme machine à spéculation et ça, les traders l’ont bien compris.

De plus, le marché financier du bitcoin fait face à une crise de croissance, le nombre d’utilisateurs explose et renforce l’instabilité de la monnaie virtuelle. Ces utilisateurs sont aussi quelque peu amblyopes. Ainsi, début Janvier, Nabilla – une “star” de la téléréalité – a publié une vidéo sur youtube et a conseillé à ces quelques millions d’abonnés twitter une société immatriculée en Andorre et vendant du bitcoin. Une initiative déroutante qui n’a pas plu à l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui l’a de si tôt reprise. Au sujet du Bitcoin, voilà ce que déclare l’AMF:

Beaucoup d’histoires séduisantes circulent sur le Bitcoin, mais soyez très prudent, notamment face aux propositions d’investissement qui pourraient vous être faites. Le Bitcoin s’adresse aux investisseurs avertis : un minimum d’appétence technique et financière est nécessaire afin de comprendre le protocole sur lequel il repose et ses risques. En plus de ceux liés aux monnaies virtuelles, d’autres risques s’ajoutent : perte de tout ou partie du capital investi, absence de réglementation, absence d’information détaillée, fraude ou escroquerie…

(Voir aussi: Bitcoin : quand Nabilla devient l’effigie de la cryptomonnaie ! – 28 minutes – ARTE )

Les fervents défenseurs du bitcoin, eux, croient en un avenir plus stable pour la désormais célèbre crypto monnaie. Peut-on envisager une régulation ? Pas si sûr. Ne dépendre d’aucun organisme central, d’aucune entité institutionnelle est une valeur essentielle voire fondamentale propre au Bitcoin. Il est plutôt question du renforcement du système “Blockchain”. Leur thèse est la suivante: une banque peut être sujette à la faillite, la cryptomonnaie, non. Si un registre est corrompu, alors sa remise à jour est possible; comme par “miracle” informatique…

Mais alors quel avenir pour le Bitcoin ?

Actuellement les Etats-Unis se penchent sur une éventuelle possibilité de régulation de la crypto monnaie, et les banques devraient également s’en mêler car le phénomène est désormais viral. Dans un discours en septembre 2017 en Angleterre, Christine Lagarde – actuelle présidente du fond monétaire international (FMI) – envisageait clairement la possibilité qu’un jour certaines sociétés puissent plus largement apprécier la crypto monnaie plutôt que les devises nationales traditionnelles. C’est en effet très plausible.

“The Security and Exchange Commission” – organe de régulation des titres financiers américains – a émis, fin juillet 2017, un rapport qui reconnaît certaines crypto-devises comme des actifs financiers. Un pas de plus vers une régulation mondiale qui pourrait poser les jalons de la crypto-économie, si elle s’avère efficace.

Mais il faut pour cela que le fonctionnement du Bitcoin se précise, que le réseau soit davantage sécurisé. Un avenir qui pourrait-être contraint également par de nombreux Forks soit de nombreuses dérivations – de la crypto devise qui n’en est pourtant qu’à ses débuts. Ainsi bifurquent du Bitcoin les Bitcoin XT, le Bitcoin Classic, le Bitcoin Gold… Instable, le Bitcoin n’est pas à l’abri de si tôt se faire remplacer par une énième crypto monnaie, en perdant considérablement de sa valeur.  

Enfin, il est indispensable d’évoquer un véritable défi environnemental. En effet, le Bitcoin nécessite pour son fonctionnement de nombreux serveurs informatiques, et les mineurs notamment sont très énergivores. Étant de surcroît installés en Chine, où une majeure partie de l’électricité provient encore des centrales à charbon, on soupçonne de ce fait le Bitcoin d’être une plaie pour l’environnement…

Affaire à suivre !

(Image d’en tête: Crédits Images – Jean Luc Flémal )

Roger Federer remporte l’Open d’Australie 2018

A Melbourne, en Australie, le Suisse Roger Federer a décroché sa 20ème victoire en Grand Chelem. Pour cette finale, il était face au Croate Marin Cilic.

 

Il s’agit de la sixième victoire en Australie pour le numéro 2 mondial. A 36 ans, le Suisse est le quatrième athlète à passer la barre des 20 victoires victoires en Grand Chelem derrière Margaret Court, Serena Williams et Steffi Graf. Il est suivi par Nadal avec 16 titres, Sampras 14, et Djokovic 12.

Le match a duré plus de 3 heures. Après avoir commencé par mener 2 sets à 1 et 2 jeux à 0, Federer a donné des coups magnifiques pendant la première partie de jeu. Le Croate Cilic, a réagi en se créant une balle de break, pour prendre le service de Federer. Le numéro 2, s’est ressaisi, et a inscrit les six jeux suivants.

Grâce à cette victoire, le Suisse est devenu le premier tennisman de l’histoire à remporter à six reprises deux tournois du Grand Chelem différents. En effet, il a déjà remporté 8 fois Wimbledon et maintenant 6 fois Melbourne.

La prochaine épreuve Grand Chelem du calendrier ATP 2018, sera Roland-Garros, à Paris à partir du 27 mai prochain.