Tous les articles par dans Charles Ducrocq

Rentrée politique: la saison démarre fort.

rentrée politique

En cette fin septembre, les partis politiques parachevaient leur rentrée. Les traditionnelles “universités d’été” ont permis de définir ou de redéfinir les trajectoires, les objectifs de cette nouvelle année sans perdre de vue les élections européennes à l’horizon 2019. Si tant est qu’ils soient clairs…! 2017 – 2018 fut une saison marquante en terme de rebondissements en tous genres. Après des présidentielles plutôt laborieuses; divisions, querelles et trahisons ont rythmé la vie de certains partis. Montée fulgurante sur le devant de la scène politique ou, au contraire, dégringolade vitesse grand V. Du pain béni pour les médias.

Les mois à venir s’annoncent encore mouvementés. A l’heure où la France semble s’embourber dans une crise de la démocratie, voyant son paysage politique sombrer dans la fiction, Les Décrytages vous propose de faire le point.

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La Corse en veut.

Corse

Jean-Guy Talamoni, indépendantiste corse, a décidé de bouder les réunions organisées à Matignon. A commencer par celle qui était prévue le 2 juillet prochain. Dénonçant “la politique de mépris” vis-à-vis de la Corse par le gouvernement, cette crise survient à un moment crucial: la réforme de notre Constitution. Les Décryptages vous propose de revenir sur les origines de ce bras de fer et les enjeux qu’il suscite.

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Brexit: mais où va-t-on ?

Brexit

Deux ans après le vote du Brexit adopté par référendum à 51,9% des voix, l’évolution économique se veut timide au Royaume-Uni et les inquiétudes ne cessent de croître des deux côtés de la manche. Nous disposons d’une date: le Vendredi 29 Mars 2019. Mais alors, où le changement s’opère-t-il ? Faut il craindre cette sortie ou, au contraire, s’en satisfaire ? Décryptages.

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Grèves à la SNCF ou le début d’une lutte sans fin?

SNCF

Le ministre de l’Économie Bruno Le Maire a annoncé le 18 mars dernier au micro de France Inter dans l’émission Questions politiques que le gouvernement “tiendra bon” face à la vague de grèves que s’apprête à mener la SNCF. Ce mouvement de grande ampleur peut-il encore porter ses fruits dans une France où la contestation sociale semble s’amplifier ? Qu’est ce qui change dans la méthode ? Jusqu’où peut-on aller ?

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Monnaies virtuelles: ruée vers le Bitcoin

C’est une véritable déferlante qu’a connu le marché des cryptomonnaies… Ce début Février, le bitcoin a perdu 70% de sa valeur par rapport au niveau historiquement le plus haut de la mi décembre 2017.  Un évènement qui inquiète, puisque de plus en plus d’utilisateurs lui font confiance, pour la plupart avec une certaine naïveté. Le Bitcoin, est en vogue mais subit une très grande instabilité. D’où vient ce phénomène mondial ? Comment l’expliquer ? Mais aussi, comment envisager l’avenir d’une monnaie virtuelle qui demeure encore fragile ?  


 

C’est en Asie en 1995 que la première crypto monnaie fait son apparition, on parle alors de B-Money: le tout premier système de monnaie décentralisée et anonyme. Basée sur des méthodes complexes et laborieuses, elle cède la place au bitgold 10 ans plus tard, de l’anglais “or digitalisé”, conçu par Nick Szabo, un informaticien américain. Le principe est un peu plus clair; les clients ont la possibilité de déposer leur argent sur des comptes BitGold, afin de cumuler des fonds et de les utiliser pour rembourser leur prêt immobilier ou leur voiture – ou tout simplement de se payer un café. En réalité le BitGold n’a jamais réellement séduit, la confiance n’étant pas au rendez-vous.

Pourtant, en 2008 (pendant la crise des Lehman Brothers, ce qui n’est peut-être pas anodin) le phénomène Bitcoin fait son apparition. Un certain Satoshi Nakamoto en est le concepteur. Ce qui fait la différence, c’est la technologie “Blockchain”: elle consiste en une base de données infalsifiable qui contient l’historique de tous les échanges effectués entre les utilisateurs de la cryptomonnaie depuis sa création. Cette base de données est sécurisée et distribuée – autrement dit – elle est partagée par ses différents utilisateurs, sans intermédiaire, permettant à chacun de vérifier la validité de la chaîne et des transactions (une convention d’échange entre un vendeur et un acheteur se concluant par le versement d’une somme d’argent).

Un phénomène mondial

Le Bitcoin s’est démocratisé de manière folle en l’espace de 10 ans. La confiance étant le déterminant principal à cet effet. D’abord quelques chiffres: en 2017 on relevait 16,6 millions de Bitcoin en circulation, 50 millions d’investisseurs dans le Bitcoin (et autres cryptomonnaies), son cours oscillait autour des 15 000$ soit environs 12 000€. Aujourd’hui les cours oscillent entre 9 000 et 7 000€ (sur une période 28 janvier – 2 février 2018). Bien que récemment, les cours se soient effondrées…

Au premier abord,  le Bitcoin paraît relativement simple d’utilisation. De fait, la crypto devise est d’avantage attrayante. L’utilisateur peut créer un compte simplement sur un téléphone, un ordinateur ou une tablette. Avec ce compte, il crée une adresse bitcoin, grâce à laquelle il peut placer une certaine somme; avec celle-ci il peut marchander ou acheter librement, comme avec un compte en banque classique. Dans le monde, près de 100.000 sites internet l’acceptent, parmis eux quelques géants Américains : là-bas, il est possible de payer en bitcoins chez le voyagiste Expedia, le constructeur informatique Dell ou encore sur la plateforme de e-commerce Overstock par exemple. En France, son utilisation est beaucoup plus timide.

Seule la plateforme “showroomprive.com” – concurrent de vente-privees.com – accepte les paiements en Bitcoin, même si d’après le grand groupe, elles ne sont pas significatives. Par ailleurs Microsoft est l’unique entreprise présente sur tous les continents à accepter les paiements en bitcoins depuis 2014. Depuis 2016, le service de paiement en ligne PayPal propose pour sa part d’approvisionner son compte avec des bitcoins. Pour cela PayPal permet uniquement d’encaisser dans une monnaie plus commune la valeur des bitcoins vendus sur les plateformes de trading comme  Coinbase, BitPlay et GoCoin.

Doit-on réellement faire confiance au Bitcoin ?

Tentons de trancher avec deux poids, deux mesures.

Phénomène inquiétant: les plateformes de “minage” (action de validation des transactions de la part d’individus appelés “mineurs” dans le réseau bitcoin) ont déjà été piratées a plusieurs reprises. Ainsi début décembre 2017, 80 millions de dollars ont été dérobés. S’ajoute à cela une véritable instabilité des cours pouvant varier de 10% en l’espace de 24h, ce qui évidemment ne profite pas à un consommateur ou un entrepreneur. Un pâtissier pourrait se retrouver avec un chiffre d’affaires amputé de 15% en fin de journée uniquement parce que le cours a fluctué de manière significative… C’est surtout une énorme machine à spéculation et ça, les traders l’ont bien compris.

De plus, le marché financier du bitcoin fait face à une crise de croissance, le nombre d’utilisateurs explose et renforce l’instabilité de la monnaie virtuelle. Ces utilisateurs sont aussi quelque peu amblyopes. Ainsi, début Janvier, Nabilla – une “star” de la téléréalité – a publié une vidéo sur youtube et a conseillé à ces quelques millions d’abonnés twitter une société immatriculée en Andorre et vendant du bitcoin. Une initiative déroutante qui n’a pas plu à l’Autorité des marchés financiers (AMF) qui l’a de si tôt reprise. Au sujet du Bitcoin, voilà ce que déclare l’AMF:

Beaucoup d’histoires séduisantes circulent sur le Bitcoin, mais soyez très prudent, notamment face aux propositions d’investissement qui pourraient vous être faites. Le Bitcoin s’adresse aux investisseurs avertis : un minimum d’appétence technique et financière est nécessaire afin de comprendre le protocole sur lequel il repose et ses risques. En plus de ceux liés aux monnaies virtuelles, d’autres risques s’ajoutent : perte de tout ou partie du capital investi, absence de réglementation, absence d’information détaillée, fraude ou escroquerie…

(Voir aussi: Bitcoin : quand Nabilla devient l’effigie de la cryptomonnaie ! – 28 minutes – ARTE )

Les fervents défenseurs du bitcoin, eux, croient en un avenir plus stable pour la désormais célèbre crypto monnaie. Peut-on envisager une régulation ? Pas si sûr. Ne dépendre d’aucun organisme central, d’aucune entité institutionnelle est une valeur essentielle voire fondamentale propre au Bitcoin. Il est plutôt question du renforcement du système “Blockchain”. Leur thèse est la suivante: une banque peut être sujette à la faillite, la cryptomonnaie, non. Si un registre est corrompu, alors sa remise à jour est possible; comme par “miracle” informatique…

Mais alors quel avenir pour le Bitcoin ?

Actuellement les Etats-Unis se penchent sur une éventuelle possibilité de régulation de la crypto monnaie, et les banques devraient également s’en mêler car le phénomène est désormais viral. Dans un discours en septembre 2017 en Angleterre, Christine Lagarde – actuelle présidente du fond monétaire international (FMI) – envisageait clairement la possibilité qu’un jour certaines sociétés puissent plus largement apprécier la crypto monnaie plutôt que les devises nationales traditionnelles. C’est en effet très plausible.

“The Security and Exchange Commission” – organe de régulation des titres financiers américains – a émis, fin juillet 2017, un rapport qui reconnaît certaines crypto-devises comme des actifs financiers. Un pas de plus vers une régulation mondiale qui pourrait poser les jalons de la crypto-économie, si elle s’avère efficace.

Mais il faut pour cela que le fonctionnement du Bitcoin se précise, que le réseau soit davantage sécurisé. Un avenir qui pourrait-être contraint également par de nombreux Forks soit de nombreuses dérivations – de la crypto devise qui n’en est pourtant qu’à ses débuts. Ainsi bifurquent du Bitcoin les Bitcoin XT, le Bitcoin Classic, le Bitcoin Gold… Instable, le Bitcoin n’est pas à l’abri de si tôt se faire remplacer par une énième crypto monnaie, en perdant considérablement de sa valeur.  

Enfin, il est indispensable d’évoquer un véritable défi environnemental. En effet, le Bitcoin nécessite pour son fonctionnement de nombreux serveurs informatiques, et les mineurs notamment sont très énergivores. Étant de surcroît installés en Chine, où une majeure partie de l’électricité provient encore des centrales à charbon, on soupçonne de ce fait le Bitcoin d’être une plaie pour l’environnement…

Affaire à suivre !

(Image d’en tête: Crédits Images – Jean Luc Flémal )