Charlottesville : What responsibility for Trump ?

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On Saturday August 12, a meeting of neo-nazis and white supremacists was held in Charlottesville, Virginia. Anti-racism demonstrators gathered to protest against this American far-right show of force; a man drove his car into the group, causing the death of a 32 year old female protester and hurting more than 20 people. The FBI launched an investigation and soon designated a murderer: James Field, a 20 year old man with ties to the neo-nazi movement. The police called this act a homicide and mentioned that the act was intentional, however president Trump initially refused to publicly condemn the crime, instead mentioning “violence from both sides” without readily incriminating the racist demonstrators.

What does this tragic event reveal about the treatment of the alt-right’s violence ?

Far-right’s terrorism is a curse in the United States: there are several recent examples, like the shooting in a black church in Charleston by a white supremacist (leaving 9 dead), or the murder of 7 people in a Sikh temple in 2012. Researchers Charles Kurzman and David Schanzer estimated there were 337 attacks by far-right activists leading to 254 casualties in the U.S. since September 11th, 2001*. Meanwhile, islamist terrorism killed around 50 people since that same date. However, many media outlets and politicians tend to focus on islamist attacks to instill a climate of fear around the danger they see in Islam. The acting out by right-wing extremists is actually far more worrying.

Indeed, we can find many small active far-right groups, about a thousand in the entire US. Racist violence has reached a frightening level with a 584% increase in islamophobic crimes between 2014 and 2016, according to the CAIR (Council for American-Islamic Relations), an NGO defending Muslims’ civil rights in the United States. This rise can be partially explained by the trivialization of anti-islam positions like the one held by the Republican candidate during his campaign, and applied (with the #MuslimBan) once in power.

Add to that the ambiguous position held by the Trump administration toward far-right terrorism. Last August 5th, the Islamic center Dar Al Farooq, Minnesota, was the target of a bombing, qualified as a terrorist attack by Mark Dayton, the Minnesota governor. Nonetheless, president Trump remained mute on the subject – while tweeting recklessly on every subject. One of his advisors, Sebastian Gorka, even suggested that the act was the result of a manipulation from left-wing militants.

With the recent Charlottesville event, it took 48 hours for the president to give a clear statement, hinting to a possible complacency toward those who actively supported his campaign. He finally provided those words on August 14th, after an outcry from his own political party:  “Racism is Evil. And those who cause violence in its name are criminals and brutes, including the KKK, Neo-nazis, white supremacists and other hate groups that are repugnant to everything we hold dear as Americans.” A declaration which would go without saying for any political leader, but which had been long-awaited because of the  previous positions and actions of the president, and of those around him with a dubious past. A declaration which was also quickly made unclear when Trump parallely mentioned alt-right and alt-left violence, although the murderer is undoubtedly a neo-nazi.

As long as we do not condemn with equal intensity a racist attack and an islamist attack, we will fuel extremist movements in their hate projects. The image of a white murderer qualified as an unstable person, but immediately designated as a terrorist when his beard is too long, must be removed from the media landscape. Although it all seems obvious with our hindsight, it is almost impossible within the mainstream media’s obsession toward Islam, widely shared in Europe. The first step, if we want to combat this violence, is to condemn – with the same strength – all murderers, regardless of their ideology. It is also to stop any ambiguity that might feed bitterness, fuel fantasies and yield evermore violence.


Read the original french article, written by Ménélas Kosadinos, here : https://www.lesdecryptages.fr/charlottesville-trump-irresponsable-tribune

[TRIBUNE] Charlottesville : Trump l’irresponsable ?

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Samedi 12 août, un rassemblement de néo-nazis et de suprémacistes blancs s’est déroulé à Charlottesville, en Virginie. Des militants anti-racistes sont venus s’opposer à cette démonstration de force de l’extrême-droite américaine; un homme leur a foncé dessus avec sa voiture, causant la mort d’une militante antiraciste âgée de 32 ans et faisant une vingtaine de blessés. Le FBI a ouvert une enquête, et c’est aujourd’hui James Fields qui est accusé de cette attaque, un homme de 20 ans dont plusieurs éléments indiquent son appartenance à la mouvance néo-nazie. La police parle d’homicide criminel et affirme que l’acte était délibéré, pourtant le président Trump a d’abord refusé de condamner le crime, évoquant des “violences des diverses parties” sans mettre immédiatement en cause les militants racistes.  
Que nous apprend ce tragique événement sur le traitement qui est fait de la violence d’extrême-droite ?

Le terrorisme d’extrême-droite est un fléau des Etats-Unis : on peut citer plusieurs exemples récents, avec la fusillade de l’église noire de Charleston, commise par un suprémaciste blanc et qui avait coûté la vie à 9 personnes, ou l’assassinat de 7 personnes dans un temple sikh par un autre suprémaciste en 2012. Les chercheurs Charles Kurzman et David Schanzer, ont estimé leur nombre à 337 attaques avec un bilan de 254 morts depuis le 11 septembre 2001*. A titre de comparaison, le terrorisme islamiste a coûté la vie à une cinquantaine de personnes depuis le 11 septembre 2001. Une partie des médias et des politiques ont cependant tendance à se focaliser dessus pour entretenir un climat de peur autour du danger que représenterait à leurs yeux l’islam. Le passage à l’acte d’extrémistes de droite est en réalité un phénomène bien plus inquiétant.

Il existe en effet toujours de nombreux groupuscules d’extrême-droite actifs, environ un millier sur l’ensemble du territoire américain. Et la violence raciste aurait franchi un cap effrayant avec une augmentation de 584% de crimes islamophobes entre 2014 et 2016 selon le CAIR (Council for American-Islamic Relations), une ONG qui défend les droits civiques des musulmans aux Etats-Unis. Cela s’expliquerait notamment par une banalisation des positions anti-islam comme celles qu’a tenu le candidat républicain lors de sa campagne et traduites en arrivant au pouvoir par le #MuslimBan.

A cela s’ajoute désormais le discours ambigu de l’administration Trump avec le terrorisme d’extrême-droite. Le 5 août dernier, le centre islamique Dar Al Farooq, dans le Minnesota est visé par l’explosion d’une bombe, acte qualifié de terroriste par Mark Dayton, gouverneur de cet Etat. Le président Trump reste pourtant silencieux sur le sujet – alors qu’il tweete à tort et à travers dans le même temps. L’un de ses conseillers, Sebastian Gorka, ira même jusqu’à suggérer que l’acte est le fait d’une manipulation de militants de gauche.
Avec la nouvelle affaire de Charlottesville, il aura fallu attendre 48h pour que le président tienne une position claire, interrogeant une éventuelle complaisance à l’égard de ceux qui ont activement soutenu sa campagne. Il prononcera finalement ces mots le lundi 14 août, après une levée de bouclier au sein de son propre camp : “Le racisme est un fléau et ceux qui commettent des violences en son nom sont des criminels et des brutes, y compris le KKK, les néonazis, les suprémacistes blancs et autres groupes de la haine qui sont répugnants pour tout ce que nous chérissons en tant qu’Américains“. Une déclaration qui irait de soi de la part de n’importe quel dirigeant politique, mais qui s’est faite longuement attendre du fait des propos, des actes du président et de son entourage à l’historique sulfureux. Et qui n’a pas tardé à être mêlée de confusion quand Trump a de nouveau renvoyé dos-à-dos les violences d’extrême-droite et d’extrême-gauche, alors que le meurtirer est bel et bien un néo-nazi.

Tant qu’on ne condamnera pas avec la même intensité un attentat raciste et un attentat islamiste, on donnera du grain à moundre aux mouvances extrémistes dans leur projet de haine. Le meurtrier blanc qualifié de déséquilibré et immédiatement transformé en terroriste par le port d’une barbe un peu trop longue fait partie de ces images qu’il faut à tout prix supprimer du champ médiatique. Et si tout cela semble relever du bon sens avec le recul qui est le nôtre, c’est faire abstraction de l’obsession médiatique vis-à-vis de l’islam largement partagée en Europe. La première étape si l’on veut lutter contre ces violences, c’est de condamner avec la même vigueur les assassins sans considération pour l’idéologie dont ils se réclament. Et cesser toute ambiguïté qui pourrait nourrir des colères, alimenter des fantasmes et engranger toujours plus de violence.

* Source : https://www.nytimes.com/2015/06/16/opinion/the-other-terror-threat.html


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