Dans l'actu ! International

L’émigration climatique : l’enjeu du XXIe siècle ?

climatique
Temps de lecture estimé : 5 min

En 2017, selon un rapport de l’ONU, plus de 40 millions de déplacés furent comptés. Soit quatre fois plus que les populations touchées par les conflits armés. Et d’ici 2050, ce seront près de 250 millions de personnes qui seront forcées de s’exiler. La montée des eaux en est la cause première. Elle oblige chaque habitant touché à se déplacer vers les pays et territoires limitrophes. Ces destructions géographiques provoquées par les changements climatiques provoquent une désillusion paradoxale envers ces territoires, très souvent lieux de vacances et présentés comme paradisiaques. Les Décryptages vous offrent la possibilité de découvrir les enjeux majeurs de ce combat à portée internationale.


Habitants du monde, martyrs des dégradations climatiques

Il nous est possible actuellement, au vu du colossal accroissement d’émigration, d’observer quels sont les principaux pays émetteurs de ces flux de déplacements.

Selon l’IMC, International Displacement Monitoring Center, le Centre International du Contrôle de Déplacement, sont actuellement concernées les îles Marshall, la Polynésie, les îles des Maldives, la Malaisie, soit plus de 27 millions d’habitants. A cela s’ajoutent sept mille petites îles des Philippines et leurs 100 millions d’habitants. En dépit du fait que l’on observe un si grand nombre de potentielles victimes, il nous faut aussi prendre en compte les pays les plus vulnérables que sont la Chine, le Népal et la Birmanie; victimes principales face aux séismes.

L’hebdomadaire français “Le Un” annonce que ce sont chaque année 26.4 millions de personnes qui se voient dans l’obligation de quitter leurs habitations. Sachant que les îles sont les territoires les plus vulnérables face à la fois aux ouragans et tempêtes démesurées, ainsi que séismes et montée des eaux ; leurs habitants se retrouvent être dans des lieux centres de catastrophes naturelles.

D’autre part, le détraquement du climat qui s’aggrave constamment provoque aussi une hausse non-négligeable des saisons des moussons créant des inondations des villes et campagnes de l’Asie du Sud et du Sud-Est, ces zones étant les plus exposées du globe face aux typhons et autres tempêtes. Cela crée un nombre croissant de départs pour les pays les plus proches.

Ainsi, l’Inde, pays limitrophe Bangladesh, a installé 3300 kilomètres de barbelés surplombés de miradors sur les frontières de ces deux pays. Ces barrières, hautement sécurisées par l’appui de l’armée, dissuadent les personnes victimes des déchaînements de l’environnement de tenter la traversée.

Le Bangladesh, qui fait face à un important afflux d’immigration, se voit traversé par d’importants flux de migration en raison de la montée des températures dans les pays. Ce pays va, dans les temps à venir, subir un climat quasiment invivable pour ses habitants. Selon le Journal international et son article Au Bangladesh, l’eau coule sur la pauvreté, « la capitale, Dacca, a vu sa superficie augmenter de 40% en l’espace de 20ans sous l’effet des migrations internes. ». Car selon l’OMM, l’Organisation de Météorologie Mondiale, 2017 fut l’année la plus chaude jamais enregistrée. Et cela ne fera qu’aggraver dans les décennies à venir.

climatique

Il est aussi à prendre en compte le fait que des dégradations et sécheresses des sols sont générées, du fait des passages constants et réguliers des personnes qui s’exilent de leurs lieux de vie. Celles-ci traversant souvent champs et terres agricoles pour parvenir à trouver un lieu d’habitation temporaire. Par conséquent, nombreuses sont les initiatives prises à l’égard de ces phénomènes, mais seules quelques-unes ont une réelle capacité d’impacter la situation actuelle.

 

Une entente internationale complexe

Certains Etats cependant, comme l’Inde ou bien les Etats-Unis, se sont positionnés de manière à empêcher l’application de ces mesures. Le président Donald Trump a retiré les Etats-Unis de l’accord de Paris, provoquant une révision complète du budget réservé à la lutte contre le réchauffement climatique et ses conséquences. Il a aussi retiré le changement climatique de la liste des menaces prioritaires pour les USA. Or ce pays est actuellement et depuis des décennies le plus apte à financer ce type de projet.

Cependant, parmi les résolutions prises, nous retrouvons l’Initiative Nansen. C’est en juin 2011 qu’a lieu la conférence Nansen, à Oslo, sur le sujet du changement climatique et des déplacements des populations. Puis suite à celle-ci, la Norvège et la Suisse ont en octobre 2012, créé ce qu’ils appellent l’ « Initiative Nansen ». Elle s’attache non-seulement à la protection des personnes touchées et d’assurer leurs droits élémentaires, mais s’inscrit aussi dans l’optique de renforcer la solidarité internationale.

En octobre 2015, 110 pays signent ce projet, et l’insèrent dans l’agenda pour la protection de l’environnement. Le phénomène étant un enjeu majeur de la COP21.

Ainsi se pose actuellement la difficulté de définir un statut juridique de ces populations. Cela a son importance, car selon le statut qui leur sera donné, des moyens d’aide diverses et variés leur seront attribués. C’est pourquoi il est dès lors très délicat de déterminer la qualité légale de ces personnes.

Sachant que le pacte de l’ONU relatif aux droits civils et politiques n’y fait aucune référence, l’organisation donne en 1985 une définition qui ne fait pas l’unanimité. Il n’existe ainsi, à ce jour, aucun terme juridique précis. Cela est d’autant plus important concernant les habitants des pays amenés à disparaître, engloutis sous le niveau de la mer.

climatique

Dans ces circonstances, il est présentement très ardu d’assurer les droits de ces hommes et femmes convenablement, car tant que l’on ne sait comment les qualifier, il est difficile de les intégrer dans un habitat correct et de leur venir en aide de manière stable et continue.