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Frappes en Syrie : « La guerre est la continuation de la politique»

Syrie
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Cette fois, les bornes sont franchies. Et, comme on sait, lorsqu’elles le sont il n’y a plus de limites. Dans la nuit du 14 avril, à 03h00 (heure de Paris), une intervention conjointe des armées américaine, britannique et française a eu lieu en Syrie pour frapper des sites liés à l’arsenal chimique syrien. Des missiles de croisière tirés depuis des navires, des sous-marins et des chasseurs ont pris pour cible des centres de recherche, de production et des sites militaires liés à l’attaque chimique qui a eu lieu le 7 avril dernier à Douma. La « ligne rouge » fixée par le Président de la République dès son élection, en mai 2017, a été franchie. La promesse de conséquences a, cette fois-ci, été tenue.


Cette attaque chimique du 7 avril a causé, selon des sources médicales locales, 45 morts et des centaines de blessés, civils, hommes, femmes et enfants. Les images qui nous sont parvenues sont glaçantes. En violation flagrante du droit international, de celui de la guerre, par le biais de conventions interdisant l’usage d’armes chimiques, du chlore et probablement du gaz sarin ont été utilisés dans une banlieue de Damas pour frapper l’une des dernières poches de rébellion. Depuis 1925, le Protocole de Genève interdit l’usage des armes chimiques et bactériologiques, protocole signé par la République arabe syrienne en décembre 1968, alors que le père de Bachar el-Assad était ministre de la Défense. En 1993, la Convention sur l’interdiction des armes chimiques interdit depuis la production jusqu’à l’usage, en passant par la détention et le stockage, convention ratifiée par la Syrie en octobre 2013.

Ce dernier épisode mérite que l’on s’y arrête: en août 2013, alors en plein coeur de la guerre civile syrienne, émanation du « Printemps arabe » de 2011, le régime de Damas fait usage d’armes chimiques dans la Ghouta orientale contre des populations civiles. Ce n’était ni la première, ni la dernière mais, là encore, les limites étaient franchies. Après un feuilleton diplomatique estival et les déclarations martiales des puissances occidentales (Etats-Unis et France en tête, déjà!), la Russie bloquait le jeu. Elle sortait la carte du démantèlement des armes chimiques syriennes et mettait fin à l’hypothèse d’intervention armée occidentale, déjà fortement décrédibilisée par les Occidentaux eux-mêmes après le recul du président américain d’alors, Barack Obama, précédé par les Britanniques, suivi par les Français. On a les dirigeants que l’on mérite, les moyens militaires que l’on peut se payer et, surtout, un contexte politique interne qu’il faut toujours prendre en compte avant de se lancer dans une quelconque aventure militaire, fusse t-elle légitime et ponctuelle. On avait donc, à l’époque, replié tout notre petit matériel, passé un coup de balai avant d’éteindre la lumière des postes de commandement, trouvé un accord avec les Russes sous la forme d’une résolution de l’ONU (résolution 2118) qui prévoyait le démantèlement total de l’arsenal chimique syrien, sous contrôle international.

Fort de cette victoire diplomatique, d’avoir à la fois contraint au recul les Occidentaux et dans le même temps sauvé l’allié syrien, Vladimir Poutine a renforcé l’implantation russe en Syrie et a bien saisi que son homologue américain (sans parler des Européens) était contraint à l’immobilisme. Il s’en souviendra moins de 6 mois plus tard, l’Ukraine vous l’expliquera mieux que moi. Je pourrais vous parler ici du mémorandum du Budapest en décembre 1994, garantissant pour les Ukrainiens le respect de leur sécurité et de leur intégrité territoriale par la Russie contre le retour des 1900 têtes nucléaires héritées de l’Union soviétique, traité garanti par les Etats-Unis et les Britanniques, mais cela nous amènerait très loin, sur le sujet de la possession d’un arsenal nucléaire comme garantie de la sécurité d’un Etat comme l’Iran ou la Corée du Nord (des exemples pris au hasard), c’est-à-dire très loin des chemins de Damas….

Depuis lors, après une pause de quelques mois, le régime souvent, les rebelles parfois, Daesh probablement aussi, ont utilisé avec « parcimonie » et « retenue », quelques armes chimiques, en prenant soin de brouiller les pistes et de montrer du doigt leurs adversaires. « Le tact dans l’audace est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin » disait Jean Cocteau. De telle sorte que, les Occidentaux ont choisi de tourner le regard, de se réfugier derrière un courage politique n’ayant d’égal que la flexibilité du président russe et l’incapacité de l’OIAC, agence internationale chargée de faire appliquer le droit international en matière d’armes chimiques, de déterminer sans le moindre doute l’auteur de ces attaques. Le contexte politique aidant, période électorale aux Etats-Unis en 2016, en France en 2017, campagne puis procédure de mise en oeuvre du Brexit depuis 2016 au Royaume-Uni, la population syrienne a pu subir les pires horreurs sans que les protestations ne dépassent le stade de la déclaration diplomatique en bonne et due forme. Au diable les enfants d’Alep: « Les morts se souviennent de notre indifférence, les morts se souviennent de notre silence » dit un poème polonais.

« Le tact dans l’audace est de savoir jusqu’où on peut aller trop loin » disait Jean Cocteau.

 

Un nouveau contexte

 

Mais cette fois-ci, la donne a changé. Paris comme Washington ont changé de leader. En bien, en mal, chacun jugera. Daesh est vaincue, ou sur le point de l’être et Bachar al-Assad, avec le soutien des Russes et de leurs alliés iraniens, est sur le point de gagner la guerre.

A ceux qui défendent le régime de Damas comme « rempart contre le terrorisme » : je les invite à expliquer en quoi la barbarie des hommes de Bachar est préférable à celle de Daesh (et inversement), en quoi le siège d’Alep est plus humain que les tribunaux de Raqqa; je les invite aussi à reprendre le fil de l’histoire de la Syrie depuis les années 60 et leur soutien aux terroristes de tous poils, en particulier à leur soutien aux rebelles irakiens qui fondèrent plus tard l’Etat islamique; je les invite enfin à se documenter sur le fait que l’armée du régime a bien plus fait de victimes que les djihadistes, car oui les régimes laïcs du Maghreb, du Machrek, du Proche ou du Moyen-Orient ont plus tué que les terroristes desquels ils prétendaient être les remparts. On peut demander aux victimes syriennes si elles préfèrent être tuées par un régime laïc que par des islamistes fous, je ne doute pas qu’elles nous répondront.

En mai 2017, le Président Macron nouvellement élu déclarait que l’utilisation d’armes chimiques en Syrie constituait une ligne rouge qui, si elle devait être franchie entraînerait « des représailles et une riposte immédiates ». En cela, parce qu’après tout, c’est aussi de la politique, il souhaitait se distinguer de son prédécesseur qui, comme sur bon nombre de dossiers, avait décidé de ne pas décider, jusqu’à finir par reculer. De même, le président Trump, qui avait déjà frappé en Syrie il y a tout juste un an, trouvait là un allié et, surtout, encore une bonne occasion de fustiger l’inaction du président Obama et, qu’avec lui, on allait voir ce qu’on allait voir.

On s’est donc un peu plus penché sur le sujet, on a davantage mis en oeuvre des moyens pour rassembler des preuves sur l’implication du régime dans cette attaque et démontré que le régime syrien était à l’oeuvre. On a ressorti les cartes, rallumé la lumière dans les postes de commandement et monté cette opération pour cibler l’arsenal chimique syrien. Cet arsenal ayant été constitué avec notamment l’assistance de la France et de l’Allemagne dans les années 1970, il n’était pas compliqué de retrouver les bâtiments du centre de recherche détruit la nuit dernière. Par cette intervention, la France, les Etats-Unis et la Grande-Bretagne marquaient la ligne rouge et passaient trois messages.

Multiplier les messages et marquer les esprits

 

Le premier message est clair. Il a été martelé par les Présidents Macron et Trump, par le Premier Ministre britannique Theresa May, par la Ministre des Armées Florence Parly et le chef de la diplomatie française, Jean-Yves Le Drian (par ailleurs Ministre de la Défense en 2013): les lignes rouges ont été franchies, les responsabilités de chacun sont engagées, la parole sera donc respectée. La résolution 2118 prévoyait le recours au chapitre VII de la Charte des Nations-Unies en cas de récidive, c’est le cas, le droit international est respecté. L’action militaire engagée cette nuit est donc « légitime », « proportionnée », « ciblée » et « circonscrite » aux moyens chimiques du régime pour punir de leur usage, dissuader et empêcher que cela ne se reproduise. Voilà le message officiel, net, précis et sans appel destiné à l’opinion publique internationale (et au régime de Damas).

Le second message est un peu plus caché mais facilement lisible. Il vise à expliciter la volonté politique des leaders à l’opposé de leurs prédécesseurs. Une ligne rouge a été franchie, des représailles ont eu lieu. « J’ai dit ce que je vais faire, je fais ce que j’ai dit, je dis ce que j’ai fait », principe qui n’est pas l’apanage de l’action militaire pour ces présidents adeptes de la formule: « Engagement pris, promesse tenue ».

Il s’agit aussi de marquer le coup. Nul ne peut s’imaginer que l’on a porté un coup sévère au régime par la destruction de moyens militaires conséquents et que celui-ci est désormais à genoux. C’est un message, encore une fois politique, qui est passé: « Nous avons les moyens de vous frapper, nous vous le démontrons. ». Mais ce message est aussi destiné à l’opinion publique et, à fortiori, en France. L’armée française est en capacité de mener des opérations de cette envergure. La récente Loi de Programmation Militaire examinée au Parlement le mois dernier, pour la période 2019-2025 consacre une hausse des crédits alloués à nos armées sur la période. Il s’agit là de montrer que notre armée joue toujours dans la cour des grands: quelles armées sont en mesure aujourd’hui de mener une opération aussi complexe? Qui est encore capable d’effectuer un raid contre un pays à plusieurs milliers de kilomètres de son territoire, impliquant des appareils et des armements modernes, du ravitaillement en vol, du renseignement et un professionnalisme de ses soldats qui en imposent? Qui, enfin, est capable de tirer des missiles de croisière depuis une plateforme navale et de frapper, avec une précision métrique, des cibles situées à un millier de kilomètres de là? La réponse, vous l’avez eue cette nuit. La frégate Aquitaine, admise au service actif en décembre 2015, armée de missiles de croisière navals déployés la même année, est opérationnelle. Les Rafale et Mirage, partis de Saint-Dizier, sans doute également de Luxeuil, ont pu décoller de France, délivrer leur armement et repartir sans encombre, tout en se faisant ravitailler en vol et de nuit, à l’aller comme au retour. Les déclinistes en seront pour leurs frais. La vérité est sans doute plus contrastée, une opération de telle ampleur n’aurait pas pu se faire sans l’aide de nos alliés (notamment en matière de renseignement et de ravitaillement en vol, nos ravitailleurs, encore en service, ayant été commandés dans les années 60 par le Général de Gaulle!).

Le troisième message est à destination de Moscou. Il n’est plus à démontrer que le phénomène de « guerre froide » est désormais de retour. La Russie a décidé de ne plus se laisser traiter comme une puissance régionale, elle n’est pas la seule d’ailleurs. Fort car nous sommes faibles, Vladimir Poutine a repris du terrain et nous l’a démontré.
En 2013, une intervention aurait rebattu les cartes. Le régime de Bachar était moribond, les rebelles étaient aux portes du Palais, l’armée loyaliste en déroute. S’en sont suivis les évènements rappelés plus haut et la Russie a repris la main. On se rappelle des bombardements russes, du renforcement de la base navale de Tartous, de la mise en place de batteries de missiles anti-aériens sur l’ensemble du territoire syrien. De l’arrivée également de combattants d’élite iraniens (sautant sur l’occasion de se rapprocher du territoire israélien et de faire la jonction avec leurs alliés du Hezbollah libanais).

On se souviendra de la libération de Palmyre en mai 2016 avec récital de l’orchestre symphonique de Saint-Petersbourg venu pour l’occasion, intitulé Prière pour Palmyre, retransmis en direct à la télévision russe, dans le théâtre romain et intervention par vidéo- conférence de Vladimir Poutine. Rappelons-nous sa déclaration d’alors:

« Je le considère comme un signe de reconnaissance, d’hommage et d’espoir. La reconnaissance à tous ceux qui luttent contre le terrorisme sans ménager leur vie même, l’hommage à toutes les victimes du terrorisme (…) et, bien sûr, l’espoir non seulement pour la renaissance de Palmyre, mais aussi pour la libération de la civilisation moderne de ce mal terrible, le terrorisme international ».

Le chef du Kremlin pouvait exalter: il incarnait désormais la lutte contre le terrorisme et le sauveur de la part d’humanité que constitue la cité antique de Palmyre. On oubliera cependant que la Russie était sans doute trop occupée à détruire les hôpitaux d’Alep ou à compter ses avions tombés à la mer pour aller effectivement en découdre avec les combattants de Daesh et pouvoir s’arroger le titre de premier combattant du terrorisme islamiste. Depuis donc, Bachar protégé par ses alliés a repris du terrain, la coalition internationale menée par les Etats-Unis se concentrant sur Daesh, les Russes sur les rebelles syriens (et les Turcs sur les Kurdes). Tout était bouclé, la guerre se termine, Bachar a gagné ou presque. Il convient maintenant d’en finir, et vite. D’où l’usage d’armes chimiques.

On peut nier l’évidence et dire, comme l’ont fait les Russes, qu’il n’y a pas eu d’usage d’armes chimiques le 7 avril dernier. On peut aussi, comme ils l’ont fait à l’époque, nier que les soldats russes ont envahi l’Ukraine, d’aucuns affirment même que la terre est plate mais c’est une autre histoire. On peut nier que le régime soit à l’origine de cette attaque mais, en matière d’armement, il faut avoir les munitions et les vecteurs. Et ne déclenche pas d’attaque chimique qui veut. S’il est absolument certain que les stocks d’armes chimiques de la Syrie ont, durant la guerre civile, été éparpillés et dans les mains de quasiment tous les belligérants, des gaz toxiques ne se stockent pas comme des obus conventionnels. A Douma, le 7 avril dernier, seul le régime avait les moyens de tirer ces munitions, seul le régime avait un hélicoptère au-dessus de la zone, seul le régime a lancé des barils explosifs, comme il le fait depuis 2011 sur sa propre population. Tant qu’à croire le Kremlin lorsqu’il nie l’évidence, autant valider le caractère démocratique, équitable et pluraliste de l’élection présidentielle russe du mois dernier et de prétendre que la Russie est notre alliée, partenaire et amie. On en trouve déjà. Il faudra leur rappeler quelques (nombreuses) pages de l’histoire de France qui tendent à montrer que non, définitivement non, la Russie n’a jamais été notre alliée (des guerres de l’Empire à l’expédition de Crimée au XIXème siècle, de Brest-Litovsk au pacte Ribbentrop- Molotov, de l’occupation de l’Europe orientale en 1945 au soutien à tous les mouvements anti-colonialistes qui combattaient la France). Quoi qu’on puisse en penser, la Russie n’a jamais été une alliée de la France.

Des équilibres qui perdurent

 

Les Russes ne sont pas des idiots. Ils savent que Bachar a franchi la ligne. Mais ils ne peuvent donner les mains libres aux Américains contre un allié. Ils ne peuvent pas non plus parce que les Américains ne sont pas dignes de confiance. Ils se souviennent de la résolution 1244 qui, sous couvert de protection de la population de la province du Kosovo, a abouti à une déclaration d’indépendance, soutenue par une grande partie de la communauté internationale, contre l’avis de la Serbie, alliée de Moscou. Ils se souviennent aussi de la résolution 1973 qui, sous couvert de protection des populations civiles en Libye, a en réalité servi à détruire le régime de Tripoli et, par la même occasion, permis l’assassinat de Muammar Khadafi. Enfin, ils ont le beau rôle les Russes parce qu’ils se souviennent de cette année 2003 où, après des semaines de discussions au sein du Conseil de Sécurité des Nations-Unies et sous couvert de lutte contre le terrorisme et la prolifération d’armes chimiques (déjà), les Etats-Unis d’Amérique étaient intervenus avec finesse et hauteur de vue en Irak. 5 ans après, un nouveau président était élu avec comme mission de sortir les 140 000 soldats américains du bourbier irakien, ayant échoué à instaurer la paix, la stabilité et la démocratie au Moyen-Orient.

C’est ce même président qui, 5 ans plus tard, se remémorera qu’une nouvelle intervention militaire dans la région pouvait entraîner quelques complications et décidait, finalement, de se dédire. 10 ans après l’aventure irakienne, il était un peu osé, pour les Américains, mais aussi pour les Britanniques ou les Polonais, de s’insurger contre l’intervention russe en Ukraine, « contraire au droit international, sans mandat de l’ONU », on connaît la chanson. A ce jeu, tout le monde joue. Les perdants sont le droit international, la crédibilité de l’ONU et, surtout et toujours, les populations civiles.

Alors cette fois-ci, il a fallu négocier. Entre le 7 et le 14 avril, ce type de raid aurait pu être mené dix fois. Des pays qui s’entraînent ensemble plusieurs fois par année, dans le cadre d’exercices bilatéraux ou de l’OTAN, en combinant projection de forces, manoeuvres aériennes et navales, ne peuvent pas mettre 7 jours à mettre sur pied une telle opération. Ces 7 jours ont été le temps nécessaire pour se mettre d’accord. Il a fallu dire aux Russes que nous allions frapper, quoiqu’il arrive et que cela, pour des raisons de crédibilité vis-à-vis de l’opinion publique, n’était pas négociable. Il a sans doute fallu négocier le renforcement de ce que l’on appelle les mesures de déconfliction (elles sont déjà en place en Syrie afin d’éviter que la coalition internationale menée par les Etats-Unis et la coalition menée par la Russie ne se télescopent voire pire, qu’elles ne se prennent mutuellement pour cible). Chacun devait y gagner sans trop y perdre et, surtout pas, de pertes humaines.

Les frappes ont eu lieu, les avions russes n’ont pas décollé, les missiles anti-aérien russes sont restés inactifs, les vecteurs occidentaux sont rentrés en toute tranquillité à la maison. L’armée syrienne dit avoir intercepté « près de 70 » missiles de croisière, elle qui a été systématiquement humiliée par Israël ces dernières décennies, qui n’a jamais été capable d’abattre quelque appareil que ce soit et dont l’espace aérien, depuis plusieurs années, ressemble à la zone d’approche de l’aéroport de Roissy Charles de Gaulle. C’est possible mais le chiffre semble peu probable, pour ne pas dire fantasmé. Les objectifs ont été atteints, les équilibres n’ont pas changé, chacun peut délivrer son message.

Les Russes celui que les Occidentaux ont violé le droit international, déstabilisé le Proche-Orient et fait le lit du terrorisme, prévisible.

Les Syriens diront que l’impérialisme américain et ses « laquais » en veulent encore au monde arabo-musulman, qu’ils continuent de soutenir Daesh et de déstabiliser le régime démocratique syrien (ne parle t-on pas de République arabe syrienne?), habituel.

Les Iraniens reprendront ces arguments en ajoutant les mots « diable », « sionisme », « Israël », traditionnel.

Nous, Français, Européens, Américains, pourront dire que nous avons respecté notre parole et que, nos valeurs se sont traduites (pour une fois) dans les faits et que nous sommes capables d’imposer par la force le respect du droit international, logique.

Les Saoudiens, eux, salueront cette intervention, qui porte un coup à l’axe Hezbollah-Damas-Téhéran. Ils n’oublieront pas de saluer le respect des résolutions de l’ONU qui fondent le droit international et qui empêche quiconque de massacrer impunément un peuple. Comique.

 

Si la guerre est une continuation de la politique, mais par d’autres moyens, il ne faut pas oublier qu’avant, pendant et après la guerre, tout ça ne reste que de la politique.