Exposition Kupka : l’artiste qui était à la recherche d’une « réalité autre »

Exposition Kupka : l’artiste qui était à la recherche d’une « réalité autre »Temps de lecture estimé : 3 min

Kupka

Depuis le mercredi 21 mars, le Grand Palais dévoile son exposition autour de Kupka, « pionnier de l’abstraction ». Au coeur de ses oeuvres, les couleurs, formes et figures sont au rendez-vous.


Peintre tchèque né en 1871 dans une famille modeste, František Kupka intègre l’Académie de Vienne. Il s’installe ensuite à Paris, la ville où poètes et peintres se rencontrent. Il est admiré dans cette ville et va jusqu’à se prénommer « François » Kupka. Passionné à la fois par le corps et la nature, il réalise plusieurs peintures naturalistes jusqu’en 1912 où il décide officiellement de renoncer à l’imitation. Il devient alors celui qui abandonne les arts figuratifs avec son oeuvre majeure Amorpha, Fugue à deux couleurs, exposée pour la première fois en 1912 au Salon d’automne à Paris.

Kupka

Amorpha, Fugue à deux couleurs (1912)

Cette oeuvre abstraite a suscité de nombreuses réactions de la part des spectateurs. Qualifiée de « ballons de football » ou d’ « anti-français » par certain, Amorpha (terme grec qui signifie « déformée ») est l’achèvement de ses études d’après la Petite Fille au ballon (1908) et les Disques de Newton (1911-1912). Deux couleurs, l’une chaude et l’autre froide, se croisent et évoquent soudainement les vitraux des cathédrales éclairés par la lumière naturelle : c’est alors que la « fugue » née. Faire entendre la musique par la peinture était la volonté de Kupka :

« Je crois être sur le point de découvrir quelque chose à mi-chemin de la vue et de l’ouïe et je crois pouvoir produire une fugue en couleurs, comme Bach l’a fait en musique. »

Un artiste « indépendant »…

Kupka était membre d’un groupe nommé les Groupes de Puteaux. Fondé en 1911, le groupe rassemble les plus grands artistes du début du XXème siècle dont Picabia et les frères Duchamp. Pourtant, le peintre tchèque refuse d’être attaché à un mouvement que ce soit l’ « orphisme » (terme forgé par Apollinaire pour désigner la forme des peintures de Kupka et des autres artistes) ou le « cubisme ». Ce refus est expliqué dans son ouvrage la Création dans les arts plastiques (1989) :

« Les expériences réalisées par Picasso et Braque (…) sont intéressantes comme tentatives pour approcher la nature autrement que n’avaient fait les peintres du passé. Mais elles n’aboutissent qu’à une interprétation de plus. »

…Mais surtout curieux

La curiosité de l’artiste a été très utile pour aboutir à ses oeuvres comme les Touches de Piano. Le Lac (1909), les Disques de Newton (1911-1912) ou encore Madame Kupka parmi les verticales (1910-1911). Sa passion pour la musique, l’art grec ou la science ont permis à Kupka de se délivrer des arts figuratifs et entrer dans cette « réalité autre » qu’est l’art abstrait. Aujourd’hui, l’exposition « Kupka, pionnier de l’abstraction » fait redécouvrir, jusqu’au 30 juillet, aux amoureux de l’art ainsi qu’aux curieux ses oeuvres qui ont marqué les débuts de l’art abstrait. Et si vous souhaitez connaître davantage cet artiste avant ou après la visite de cette exposition, visionnez le documentaire diffusé par Arte qui est maintenant disponible sur leur site.

 

Nora Hmirich