Catégorie dans Culture

Pourquoi Fortnite cartonne t-il autant ?

Fortnite

Fortnite. Depuis quelque mois déjà, tout le monde entend parler de ce jeu. Il faut dire qu’avec 150 millions de joueurs dont 40 millions de réguliers, Fortnite explose tous les records. En effet, il s’agit déjà d’un des jeux les plus joués de l’histoire du jeu vidéo. En février 2018, les serveurs d’Epic Games crashent alors que ce ne sont pas moins de 3,4 millions de joueurs qui se connectent en même temps pour s’entretuer. Car, pour ceux qui ne connaitraient pas le jeu, Fortnite est un Battle Royale, c’est-à-dire que 100 joueurs sont abandonnés sur une île et la victoire appartient au dernier survivant. Le succès de Fortnite n’est plus à démontrer et fait déjà le bonheur d’Epic Games, qui a engrangé 223 millions de dollars de bénéfices rien qu’en mars dernier grâce à son jeu. Une question se pose donc : pourquoi Fortnite cartonne ?

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Vol au-dessus d’un nid de coucous, l’ode à l’altérité bouleversante du défunt Miloš Forman

Aucun homme normal n’y résisterait. On m’a mis en taule, et d’une, et maintenant, on dit que je suis fou, parce que je ne suis pas de bois !

Ces paroles, celles du héros du film Vol au-dessus d’un nid de coucous, Randall Mc Murphy, réalisé par Miloš Forman, reflètent à la perfection le talent et le courage de ce dernier. S’étant éteint le 14 avril dernier, Miloš Forman, l’un des plus grands cinéastes du vingtième siècle, laisse derrière lui de nombreux chefs d’œuvre. Parmi eux, le plus représentation de sa force d’âme demeure Vol au-dessus d’un nid de coucous, détenteur de cinq Oscars et classé au seizième rang des 250 plus grands films de l’histoire du cinéma.

Une plongée au cœur de la pensée humaine et des rapports de société

Le film de Miloš Forman, réalisé en 1975, demeure un succès qui s’inscrit aussi bien dans le domaine de la psychologie que dans celui du cinéma engagé. Sur le plan psychologique, le cinéaste tchèque nous livre une tendre leçon sur la barrière manichéenne qui séparerait la folie de la normalité, permettant de marginaliser quiconque échapperait à l’ordre établi. Ainsi, on trouve dans certains patients davantage de douceur et d’altruisme que chez la terrifiante infirmière en chef, Miss Ratched, qui joue sur le malaise intérieur de ces êtres incompris. Celle-ci est bien la seule de cet hôpital psychiatrique à se rendre compte de sa position de supériorité et à profiter de celle-ci avec les abus atroces que le film nous révèle.

McMurphy, incarnation de la résistance

Mais Randall McMurphy, ancien vétéran de la guerre de Corée, accusé d’insubordination, est condamné à intégrer cet asile de fous afin d’échapper à la prison. Son arrivée va changer la donne, révélant par la pertinence de ses interventions, le potentiel de chacun de ces « aliénés ». 

Il sera sujet à la tyrannie de Miss Ratched et subira ses sévices qui s’avéreront de plus en plus douloureux, tentant de contrer la désobéissance de cet interné, non pas déséquilibré, mais qui déséquilibre, le petit empire que s’était créé l’infirmière en chef. Etant le seul à constater le pouvoir que cette dernière s’est arrogée par abus de faiblesse, McMurphy n’hésitera pas à lutter contre cette situation cauchemardesque à coup de provocations devant l’ensemble de ses camarades :

 

C’est ça pour vous la communication ? C’est ça ? Oui, c’est ça ? 

Une œuvre qui s’élève contre l’autoritarisme

Miloš Forman, réalisateur tchèque, réussit à travers son chef d’œuvre, à retranscrire l’horreur de l’autoritarisme qui sévit sur les républiques socialistes de l’URSS telles que la Tchécoslovaquie. Celui-ci, ayant été découvert par Kirk Douglas en 1966 à Prague, a reçu de celui-ci lors de sa tournée européenne le livre qui lui inspirera ce film. Ce drame dépeint en arrière-plan l’oppression et l’injustice subies par les populations tchèque et slovaque et fait écho, par la rébellion de McMurphy, à l’immolation de l’étudiant Jan Palach en 1969 qui marqua le printemps de Prague.

Malgré la retranscription de ce sacrifice, le film constitue un message d’espoir par les réussites du courageux Mc Murphy qui amena la parole au chef sioux muet, organisa un match de foot et amena un peu d’allégresse dans un lieu où celui-ci semble avoir été prohibé. L’apparente nonchalance du héros dissimule avec brio la clairvoyance et l’engagement, propres au film, telle que la cynique formule, faussement encourageante :

  Allez, soyez de bons Américains ! 

La main de fer de Miss Ratched aura raison physiquement de ce contestataire et charismatique personnage mais pas psychologiquement, puisque jamais, celui-ci ne cédera à ses valeurs d’émancipation et d’attachement à la liberté.

Forman signe ici, un film qui nous questionne sur nos capacités propres de résistance face à la volonté de faire perdurer nos idéaux mais nous questionne également sur la légitimité de ceux auxquels profite la délégation du pouvoir, qui par leur apparente volonté protectrice, acquièrent par ce transfert partiel de liberté, un pouvoir plus ou moins conséquent.

La communauté gréco-américaine : naissance et évolutions

gréco-américaine

Chaque jour, de nombreux migrants –pour la plupart syriens- rejoignent l’île grecque de Lesbos afin de fuir la guerre civile ravageant leur pays natal. Cette arrivée massive de réfugiés sur le sol grec nous donne l’occasion de nous intéresser à l’une des diasporas les plus connues que fut celle des Grecs. Celle-ci s’est étendue à travers les siècles sur l’ensemble de la planète. Lorsqu’on se penche sur les chiffres évoqués dans les statistiques, on peut remarquer que les Etats-Unis représentent la nation où les Grecs ont le plus migré. On peut alors s’interroger sur les raisons qui ont conduit la population grecque à émigrer aux Etats-Unis et sur l’évolution, au fil du temps, de cette diaspora. Mais il ne nous faut pas oublier qu’il s’agit là de la naissance d’une culture tout à fait particulière, savant mélange de traditions et d’adaptations.

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Lingotopia : re-façonner l’apprentissage des langues ?

Lingotopia

2017 fut porteur d’une révolution discrète dans l’innovation de l’apprentissage des langues. Gabriel Wyner, créateur de la méthode Fluent Forever et du livre éponyme, lança un crowdfunding afin de la transposer en une application pour mobile : Lingotopia. Pourquoi ? Duolingo, Babbel, FluentU… ce ne sont pourtant pas les alternatives qui manquent !


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La nouvelle vague déferle sur Hollywood

Samedi 11 novembre dernier, la nouvelle vague s’invitait à Hollywood qui pour l’honneur s’était paré de ses plus beaux projecteurs afin d’accueillir la nouvelle cérémonie des Governos Awards qui cette année, avait un goût singulier. En tête de proue de cette fameuse mouvance des sixties, un OVNI cinématographique tant dans le fond que dans la forme : Agnès Varda. À 89 ans, cette artiste photographe, réalisatrice et plasticienne a été récompensée par un Oscar d’honneur à la cérémonie des Governos Awards pour l’ensemble de sa carrière dans le cinéma qui avait notamment décollée avec son film Cléo de 5 à 7, l’histoire d’une belle chanteuse à qui l’on ouvrira les yeux sur le monde alors qu’elle attend la nouvelle d’un potentiel cancer.

Aux antipodes hollywoodiens

Discrète et indépendante, la réalisatrice française se démarquait du star-system et des superproductions hollywoodiennes en sortant ainsi, des clivages cinématographiques américains, se rapprochant plus d’un cinéma d’auteur. Récompensée par Angelina Jolie, elle déclara  ‟ça me rend heureuse, je dois bien le dire” avant de finir avec quelques pas de danse avec Miffy (le surnom d’Angelina). Au travers de cette récompense, la cérémonie des Oscars montre qu’elle est encore capable de primer des ‟originaux” au sein de l’industrie du septième art.

‟Mes films n’ont pas généré d’argent, mais des souvenirs”

Nous confiait ainsi Agnès Varda pour décrire son étonnement d’être là, au milieu des étoiles mondiales de l’univers du grand écran. Comme quoi, l’humilité, la discrétion et la simplicité ont du bon…

En route vers une cinquième récompense ?

Après un César d’honneur en 2001, le prix René Clair de l’Académie française en 2002, une Palme d’honneur à Cannes en 2015 et cet Oscar d’honneur en 2017, Agnès Varda concourt aux côtés de son acolyte Jean René, alias Jr, aux Oscars dans la catégorie des documentaires. Déjà parmi les 15 présélectionnés parmi 170 autres œuvres, les deux amis pourraient rafler l’Oscar avec  ‟Visages, Villages”, l’histoire d’une rencontre collaborative entre deux légendes artistiques modernes.

Cinéma – Qu’attendons-nous dans les salles en 2018 ?

Qu’aller voir cette année ?

 

Les films tels que Get Out de Jordan Peele, Blade Runner 2049 de Denis Villeneuve ou encore Star Wars VIII de Rian Johnson ont gagné un énorme succès auprès du public en 2017, et c’est maintenant au tour des prochains films de surprendre et d’impressionner encore plus que d’habitude le grand public en cette nouvelle année qu’est 2018.

Le début de cette année s’annonce prometteur : thriller, drame, biopic, action, comédie… les films sont – et restent – divers et variés.  Et l’année 2018, débute, dès janvier, par un film historique de Joe Wright, Les Heures Sombres, qui retrace la vie de l’ancien ministre anglais Winston Churchill pendant la Seconde Guerre Mondiale. D’autres films historiques seront offerts aux spectateurs comme Pentagon Papers de Steven Spielberg où on retrouve Tom Hanks qui a déjà travaillé aux côtés du réalisateur à de nombreuses reprises comme dans Arrête-moi si tu peux (2002).

 

A gauche – Affiche du film Pentagon Papers qui sortira le 24 janvier 2018
A droite – Affiche du film Les Heures Sombres qui sortira le 4 janvier 2018

 

Mais ce que les spectateurs trouveront dans les salles, ce seront les films biographiques et les drames où les grands acteurs feront leurs apparitions sur le grand écran. Dans The Disaster Artist, le réalisateur et l’acteur principal, James Franco, est dans la peau de Tommy Wiseau, réalisateur du film The Room (2003) et raconte la création de ce film. Pour la première fois dans le cinéma, un film sur le premier homme qui a marché sur la lune, Neil Armstrong, sera dans les salles le 17 octobre 2018, First Man, réalisé par Damien Chazelle, réalisateur du film La La Land (2016). Et le film qui est le plus attendu en ce moment est Le Grand Jeu de Aaron Sorkin qui s’appuie aussi sur une histoire vraie dont celle de Molly Bloom jouée par Jessica Chastain. Le film est sorti le 2 janvier 2018.

Enfin, pour celles et ceux qui aiment à la fois l’action et la comédie, la célèbre trilogie Ocean de Steven Soderbergh continue avec Ocean’s Eight un spin-off de Gary Ross où l’on retrouve Sandra Bullock dans le rôle de la soeur de Danny Ocean, un  « gentleman-braqueur » joué par George Clooney. Mais le film ne sortira qu’en juin 2018, ce qui laisse le temps de regarder Black Panther de Ryan Coogler, Downsizing d’Alexander Payne ou alors Tomb Raider de Roar Uthaug d’ici là !

Critique de “La Fête est Finie” d’Orelsan

Plus rien ne l’étonne.

Après deux albums remarqués en collaboration avec Gringe sous le nom des Casseurs Flowters, une série et même un film, Orelsan revient avec un album solo et une future tournée. La Fête est Finie conclue donc la trilogie du rappeur caennais après Perdu d’avance (2009) et Le chant des sirènes (2011). Album très attendu donc, en particulier après la diffusion du premier morceau Basique le 20 septembre dernier qui en annonçait la sortie un mois plus tard. Un titre qui avait divisé, entre des paroles jugées faibles par une partie du public et un clip en plan séquence qui avait lui, bluffé. Une stratégie qui avait nourrie les attentes et les inquiétudes, tout comme la divulgation de la liste de collaborations assez hétéroclite, de Nekfeu à Stromae en passant par Maître Gims. Digne volet de la trilogie ou égarement sans intérêt ?


La boucle est bouclée.

Lorsqu’un artiste vieilli et a une longue carrière à son actif, les critiques s’articulent autour d’expressions types telle que “C’est l’album de la maturité” pour qualifier un travail proche de l’artiste et complet dans ses facettes artistiques, ses thèmes. A contrepied de cela, Orelsan ne devient pas plus mature, il le dit et cela s’entend. Il vieilli certes, évoque avec sa mélancolie caractéristique le temps qui passe sans qu’il soit possible de lutter ni de finir heureux et avec beaucoup d’enfant. Car la vie n’est pas un chemin linéaire. Il en a conscience et l’exprime dans ses textes comme à son habitude. Ce n’est pas pour autant qu’il murie. Il reste ce type un peu paumé, maladroit, cru, qui cherche sa place dans son couple, sa famille, sa carrière, dans le monde. Car il n’y a pas d’âge pour se perdre. Et que nous le faisons tous.

La première moitié de l’album est typique du style d’Orelsan, incisive et impertinente. De quoi rassurer au premier abord les fans de l’artiste. Pourtant, si le fond reste le même, c’est la forme qui se détache et on remarque assez vite l’empreinte de ces dernières années des Casseurs Flowters. C’est une suite logique mais qui pourra perdre les fans de l’artiste solo qui avaient eu du mal avec son association au rappeur Gringe. Pourtant, Le chant des sirènes date d’il y a six ans. Il aurait été problématique de reprendre un style de rap qui aujourd’hui n’est plus vraiment dans l’air du temps. Il est possible d’écouter du rap de toute époque, mais le problème serait de sortir un nouvel album en reprenant les codes du début de la décennie. D’ailleurs, l’adaptation est tout à fait réussie. Orelsan garde une indépendance artistique, ne tombe pas dans la facilité en suivant simplement ce qu’il se fait dans le rap français actuel. Il a su en revanche moderniser et adapter son style avec notamment l’aide de Stromae.


Nuits blanches, idées noires.

Sans dévoiler la surprise de l’écoute, l’album est truffé de pépites du genre qui non seulement vont séduire les fans d’Orelsan mais aussi de rap en général. Dès le premier week-end, un enthousiasme certain s’est articulé autour de certains morceaux (Défaite de famille, Christophe et Paradis en particulier). Même si certains titres peuvent décevoir à cause de l’attente à leur égard (Zone avec Nekfeu) ou sembler servir de remplissage (La Lumière).

Toutefois, s’il ne fallait en retenir qu’un, le dernier, Notes pour plus tard, est la véritable surprise de La Fête est Finie. Pour devenir finalement le meilleur de l’album voire de sa carrière. Il est même représentatif d’Orelsan et de son univers dans son intégralité, de son personnage, et conclue l’album comme la trilogie.

Une mélancolie plus profonde et fataliste que ses œuvres précédentes se dégage en général. Orelsan s’est confié en interview à ce propos en disant que de réelles touches optimistes se dégageaient pourtant : les conseils de Notes pour trop tard ou la déclaration de Paradis. S’il est vrai que le second titre est la première approche romantique de l’univers du rappeur, il semble être la seule note optimiste et confiante pour l’avenir, dans cette rétrospective globale sur le temps qui passe.

Orelsan raconte la vieillesse dans ce qu’elle a de plus sombre : sa fatalité, son amertume. Mais malgré tout, il en tire une leçon de vie, leçon déjà enseignée dans ses productions précédentes et particulièrement dans Comment c’est loin (2015) : il faut profiter de sa jeunesse pour vivre. Pas raisonnablement, pas comme on nous dit de le faire, mais comme on le souhaite. Quitte à échouer, quitte à regretter, car c’est toujours mieux que les remords, comme dirait l’expression.

La Fête est Finie signe donc le digne retour d’Orelsan sur la scène en solo. Pourtant, si le public sera satisfait de le retrouver, un étrange sentiment d’adieu suit l’écoute de l’album. C’est peut-être ce qui lui donne ce goût si particulier qui peut séduire ou rebuter. Un album sans grande surprise certes, ce qui ne porte pas préjudice à sa qualité.